XPENG et ARIDGE à Dubaï : six roues et un aéronef dans le coffre
Actualité Automobile Monde :
- Le Guide Auto a participé à un workshop organisé par XPENG à Dubaï pour la presse internationale, animé par Wang Tan, cofondateur et vice-président d’ARIDGE.
- Le Land Aircraft Carrier associe un véhicule terrestre à un aéronef électrique repliable, transporté dans son compartiment arrière.
- Stockage, recharge, pilotage et industrialisation : le projet cherche à résoudre les contraintes du vol personnel.
Avant de parler de voiture volante XPENG, Wang Tan parle des difficultés d’un pilote. Où ranger son appareil ? Comment l’alimenter en énergie, apprendre à le maîtriser et le transporter ? À Dubaï, devant la presse internationale, le cofondateur et vice-président d’ARIDGE, lui-même pilote d’hélicoptère, présente ces quatre obstacles comme le point de départ d’un projet étonnamment concret. Présentes à ce workshop organisé par XPENG, les équipes du Guide Auto ont découvert la logique du Land Aircraft Carrier : embarquer un aéronef dans un véhicule capable de l’accompagner au sol.
Une voiture volante XPENG pensée en deux modules

Le principe repose sur une séparation des fonctions. Un véhicule terrestre à six roues assure les déplacements routiers. Dans son compartiment arrière prend place un aéronef électrique à décollage et atterrissage verticaux, dont les bras et les pales se replient pour le rangement.
Arrivé sur un site adapté et autorisé, l’utilisateur déploie le module volant. L’appareil peut ensuite être récupéré par le véhicule. Wang Tan insiste sur l’automatisation de la séparation et de la réunion des deux éléments, déclenchées par une commande unique.
Cette architecture répond à une difficulté souvent oubliée dans les images de mobilité aérienne : la vie de l’appareil lorsqu’il ne vole pas. Le véhicule devient son moyen de transport et son espace de rangement. L’utilisateur peut ainsi rejoindre son lieu de vol par la route, avec l’aéronef à bord.
Le véhicule devient aussi une réserve d’énergie
Le nom Land Aircraft Carrier, que l’on pourrait traduire par porte-aéronef terrestre, prend tout son sens avec la recharge. Le porteur peut alimenter le module aérien grâce à son système à prolongateur d’autonomie. Selon Wang Tan, sa réserve d’énergie permet de renouveler plusieurs fois l’expérience de vol, jusqu’à six missions dans les conditions annoncées par ARIDGE.
Le bénéfice recherché est facile à comprendre : disposer de son moyen de recharge sur place, puis récupérer l’appareil après utilisation. Le rangement, le déplacement et l’alimentation en énergie sont ainsi réunis dans un même ensemble. La durée réelle des vols et les conditions d’utilisation restent déterminantes pour apprécier cette promesse.
Un joystick pour rapprocher le pilotage des gestes intuitifs

Wang Tan revient sur son propre apprentissage de l’hélicoptère, qui impose de coordonner les mains et les pieds. ARIDGE cherche à réduire cette complexité avec une commande de type joystick : pousser pour avancer, tirer pour reculer, avec des gestes correspondant au déplacement souhaité.
Le dirigeant avance une prise en main des commandes en moins de cinq minutes, en évoquant notamment le simulateur. Il distingue toutefois cette initiation de l’obtention d’une licence, qui demande une formation plus longue. La simplicité de l’interface est une ambition technique ; elle ne dispense pas de l’apprentissage et des autorisations nécessaires au vol.
L’enjeu dépasse donc le confort d’utilisation. Pour élargir le public du vol personnel, le constructeur doit rendre les commandes compréhensibles tout en conservant les protections propres à un aéronef.
La sécurité repose sur plusieurs niveaux de secours
Dans la présentation, la sécurité occupe une place centrale. Wang Tan décrit une architecture redondante : les fonctions essentielles disposent de systèmes de secours pour prendre le relais en cas de défaillance. Le contrôle du vol, l’alimentation électrique et les batteries font partie des éléments abordés.
La vidéo technique présentée évoque également des aides à la navigation, à la perception de l’environnement et à la protection de l’attitude de vol. Ces dispositifs sont présentés par ARIDGE comme les différentes couches de protection de son appareil. Leur validation relève du travail d’essais et de certification indispensable à son exploitation.
Une usine de 120 000 m² pour changer d’échelle

L’autre volet du projet se joue à Guangzhou, en Chine. La slide industrielle présentée à Dubaï affiche une surface de plancher de 120 000 m² et un intervalle de sortie visé de 60 minutes en phase initiale. Ce dernier chiffre désigne la cadence de la ligne, et non le temps total nécessaire pour fabriquer un aéronef.
ARIDGE entend appliquer à la production du module aérien des méthodes issues de l’automobile, tout en répondant aux exigences de qualité aéronautiques. L’existence d’un outil industriel constitue une étape tangible. La montée en cadence, les validations réglementaires et les livraisons commerciales restent des jalons distincts.
Des sites de vol encadrés avant un usage plus large

Pour les premiers usages, Wang Tan décrit des sites dédiés, accessibles par la route, sur lesquels les utilisateurs pourraient déployer leur aéronef et voler dans un périmètre autorisé. Il rapproche leur logique de celle des espaces aménagés pour les camping-cars : rejoindre un lieu, y pratiquer une activité et repartir avec son équipement.
Cette approche s’inscrit dans une stratégie progressive. D’abord, des vols dans des environnements délimités. Ensuite, des liaisons répondant à des besoins identifiés. À plus long terme, ARIDGE envisage un véhicule réunissant les fonctions routières et aériennes dans un seul appareil. Wang Tan situe cette dernière ambition sur un horizon beaucoup plus lointain, en soulignant les limites actuelles de densité énergétique des batteries.
Les Émirats arabes unis occupent une place importante dans cette ouverture internationale. À Ras Al Khaimah, un accord officiel prévoit un environnement d’essais destiné à évaluer les technologies, les procédures et les conditions de sécurité, avec une progression soumise aux autorisations réglementaires.
Une nouvelle lecture des ambitions de XPENG

Pour le public marocain, ce workshop éclaire l’étendue des ambitions de l’écosystème XPENG. Aucun prix ni calendrier de commercialisation au Maroc ne figure dans les informations recueillies. L’intérêt immédiat est de comprendre comment les compétences de l’automobile électrique, des logiciels et du design peuvent être mobilisées pour développer un autre usage.
À Dubaï, le détail le plus révélateur reste finalement ce coffre capable d’accueillir un aéronef. Autour de lui se dessinent un moyen de transport, une réserve d’énergie, un apprentissage et des lieux de pratique. C’est sur la cohérence de cet ensemble que se joue le pari d’ARIDGE.
FAQ
Comment fonctionne la voiture volante XPENG présentée à Dubaï ?
Le Land Aircraft Carrier associe un véhicule terrestre et un aéronef électrique repliable. Le véhicule transporte, range et recharge le module aérien, qui se sépare pour voler depuis un site adapté et autorisé.
Les cinq minutes annoncées suffisent-elles pour obtenir une licence ?
Non. Wang Tan évoque une initiation aux commandes, notamment sur simulateur. Il distingue cette prise en main de la formation nécessaire à l’obtention d’une licence.
Le Land Aircraft Carrier est-il annoncé au Maroc ?
Les informations recueillies ne précisent aucun prix ni calendrier de commercialisation pour le Maroc.